Capelli & Associés

Ingénierie Patrimoniale

Catégorie : Actualités dirigeants

PEE, PERCO : gérez plus activement votre épargne salariale !

Avec le projet de loi Pacte le gouvernement veut dynamiser l’épargne salariale, en particulier le placement en actions. Reste pour l’épargnant – salarié à gérer les risques associés. Nos recommandations.

Mettre l’épargne salariale au service de l’économie en apportant des capitaux aux entreprises, tel est le vœu du gouvernement. «Le financement, c’est la clé. Il ne peut y avoir de capitalisme sans capital», a insisté le ministre Bruno Le Maire en présentant le projet de loi Pacte.

La loi Pacte mise sur les épargnants et les entrepreneurs

En ligne de mire, l’épargne retraite et l’épargne salariale avec ses 12 milliards d’euros d’apport par an grâce aux primes d’intéressement et de participation, l’abondement et les versements volontaires des salariés versés sur les Plans d’épargne d’entreprise (PEE) ou les plans d’épargne retraite collectif (Perco). Ainsi l’encours a presque doublé en 10 ans : un peu plus de 130 milliards d’euros à fin 2017 pour 11 millions de bénéficiaires.

Mais faut-il miser sur les actions sur ces plans pour répondre aux vœux du gouvernement et des gestionnaires d’épargne (mieux rémunérés sur les placements actions puisqu’ils prélèvent des frais de gestion moyen de 1,64% sur les FCPE actions d’épargne salariale au lieu de 0,2% sur les fonds monétaires) ? Car elles restent les titres les plus risqués de la sphère financière en raison des fluctuations boursières.

«Dans un environnement économique dont le dynamisme porteur pourrait être menacé (remontée trop rapide des taux d’intérêt, endettement excessif, guerre commerciale, ou vulnérabilité de certains pays émergents), le risque numéro 1 identifié par le régulateur à la mi année 2018 reste celui d’une correction brutale du prix des actifs financiers» écrit l’Autorité des marchés financiers dans sa cartographie des risques publiée ce 5 juillet.

Déjà 60% d’actions dans l’épargne salariale

A présent, les plans d’épargne salariale sont investis pour près de 60% en actions estime Olivier de Fontenay, co-fondateur du groupe Eres, spécialisé dans l’épargne salariale qui vient de publier l’édition 2018 de son argus des fonds commun de placement d’entreprise (FCPE). Grâce en premier lieu au poids de l’actionnariat salarié en France dont la part, à 38% de l’encours total de l’épargne salariale, reste relativement stable dans le temps. Fin 2017, plus de 50 milliards d’euros étaient investis en actions des entreprises sur les PEE (interdit sur le Perco).

Autre facteur de soutien : la gestion pilotée dans les Perco. D’autant que ces plans qui ne représentent encore que 16 milliards à fin 2017 devraient profiter des mesures de la loi Pacte pour accroître leur nombre de bénéficiaires (2,4 millions).

Les actions ont aussi bénéficié des sorties des fonds monétaires dont les rendements sont tous négatifs à l’instar des taux courts. De fait, la proportion des fonds monétaires dans les encours (hors actionnariat salarié) a chuté de 40% à 25% en cinq ans.

Au profit des fonds actions (19% des encours hors actionnariat salarié) et surtout des fonds diversifiés devenus prépondérants (34,5%) devant les fonds obligataires (21,4%) et monétaires. Ces fonds diversifiés détenant près d’un tiers d’actions en moyenne, les placements actions hors actionnariat salarié représentent au total près du tiers des encours. Approximativement deux fois plus que dans l’assurance vie.

Une cohérence avec la durée

L’investissement en actions est cohérent avec la durée de détention prévue dans l’épargne salariale : les sommes sont placées pour cinq ans sur un PEE ou jusqu’à la retraite sur un Perco, des horizons qui en font pour l’épargnant les récipients idéaux d’investissements boursiers à détenir sur longue période pour être sûr de retrouver sa mise.

Pour l’épargnant l’indicateur clé à suivre c’est la durée de détention recommandée pour les fonds commun de placement d’entreprise (FCPE) qui ressort en effet en moyenne à 5 ans et 10 mois pour les fonds actions contre 5 ans et 1 mois pour les fonds diversifiés, 2 ans et 4 mois pour les fonds d’obligations et 2 mois pour les fonds monétaires. Des indicateurs établis sur les statistiques des cinq dernières années.

La crainte d’un haut de cycle

Et sur les cinq dernières années 95% des placements actions étaient gagnants quelque soit la date d’investissement, même donc si le placement était fait sur un pic de marché et 97% sur huit ans. Des résultats équivalents ont été obtenus sur les fonds d’obligations et diversifiés, calcule le groupe Eres.

Mais ces score très flatteurs dureront-ils ou sont-ils le fruit de la longévité du cycle de croissance depuis la crise de 2008 ? Nul ne peut dire si les statistiques des cinq prochaines années seront aussi bonnes. Les rendements négatifs des fonds monétaires témoignent en effet de la persistance des déséquilibres financiers, alors que le cycle de croissance semble toucher à sa fin.

Or l’épargnant sait bien que la valeur des actions des plans d’actionnariat salarié, pas plus que celles des titres logés dans les FCPE actions n’est garantie.

Sauf dans le cadre de fonds à promesses garantissant le capital à échéance, ou d’un fonds à cliquet qui garantit par exemple année après année 90% de la valeur atteinte l’année précédente. Des formules rassurantes mais qui souvent réduisent la performance potentielle.

Des fonds diversifiés en alternative

Pour ne pas tout placer en actions et éviter l’effet délétère sur les fonds d’obligations de la remontée des taux attendue, les fonds diversifiés dont l’offre s’est démultipliée, peuvent être une bonne solution.

Vous opterez pour un profil prudent, équilibré, ou dynamique ou des fonds flexibles selon des proportions que vous choisirez en tenant compte de vos objectifs  et de votre horizon de temps.

En moyenne, les fonds diversifiés affichent une performance sur 5 ans de 4,1% avec une volatilité de 6,6%. Des performances légèrement améliorées pour ceux qui comportent de l’immobilier en profitant de la disposition de la loi Macron de 2015 qui a autorisé les FCPE à investir jusqu’à 30% de leurs actifs en OPCI. Ils gagnent 4,2% sur cinq ans avec une volatilité très inférieure de 4,9%.

Faut-il souscrire à la gestion pilotée ?

Sur les Perco, par défaut d’indication contraire, la voilure est adaptée d’office à votre horizon de temps supposé. Cette gestion pilotée permet au gestionnaire d’investir jusqu’à 100% des fonds en actions lorsque l’horizon de la retraite est éloigné de plus de 20 ans.

La proportion diminuant jusqu’à 25% à l’approche de la date supposée de la retraite.

Les professionnels et du gouvernement cherchent tous à encourager cette gestion pilotée. Mais elle tient plus compte de la date de départ à la retraite supposée que de la volatilité des marchés. Les salariés avisés pourront corriger le tir en réinvestissant sur les actions après une baisse ou en allégeant en haut de cycle.

Les fonds PEA-PME moteurs de performance

Les salariés avisés rechercheront aussi les fonds de petites valeurs pour leur potentiel de croissance.

Les investissements dans les fonds commun de placement d’entreprise (FCPE) en PEA PME gagnaient 23,20% l’an dernier, mieux que leurs indices de référence (18 ou 21% ) et que la moyenne des FCPE d’actions (11,75%) relève l’Argus Eres. Pour l’heure, seulement 28 FCPE représentant 466 millions d’euros et 8 Sicav sont proposées sur les Perco.

«Cette mesure n’a pas encore donné toute sa mesure mais les entreprises équipées s’en réjouissent» relève Olivier de Fontenay. Demandez les s’il n’y en pas, en argumentant que votre entreprise bénéficie d’une carotte fiscale : la loi Macron de 2015 allège déjà le forfait social à 16% pour les sommes fléchées sur l’investissement PME, à travers les fonds «PEA PME» dans les Perco.

Bien sûr, le regain de volatilité boursière observée depuis ce début d’année n’incitera sans doute pas les salariés prudents à renforcer beaucoup plus leurs investissements en actions, sauf sur leurs plans d’actionnariat salarié avec décote et/ou abondements incitatifs.

Actionnariat salarié : les risques d’une concentration sur une valeur

Dans votre PEE (impossible dans un Perco), les avoirs de l’actionnaire salarié sont souvent concentrés sur un seul titre, celui de son entreprise.

Mais il est toujours plus risqué de mettre tous ses œufs dans le même panier. Surtout quand l’environnement devient instable ou dans une société fragile.

En cas de faillite, l’actionnaire salarié pourrait se retrouver dans la même situation que les autres actionnaires avec un titre de valeur nulle à moins de bénéficier de la garantie subsidiaire (après les salaires) et limitée (à un total de 79.464 euros en 2018 par salarié) de l’Assurance garantie des salaires (AGS) sur les sommes et leurs produits dues au titre de l’intéressement et de la participation et les sommes bloquées pendant la durée légale d’indisponibilité (jusqu’au départ à la retraite sur le Perco).

«La meilleure protection pour un actionnaire salarié réside dans la diversification de ses placements, avec notamment le recours à des fonds actions diversifiés» rappelle Loic Desmouceaux, président de la Fédération française des associations d’actionnaires salariés et anciens salariés (FAS). Il est donc conseillé d’arbitrer dès que les titres deviennent disponibles sur des fonds commun de placement d’entreprise (FCPE) plus diversifiés.

Pour les plus confiants, il existe parfaois des fonds à effet de levier qui démultiplient vos investissements en actions de votre société (chez Bouygues notamment).

À vous de calculer vos risques. En tenant compte de vos besoins et de votre aversion aux pertes. N’attendez pas de conseils personnalisés de vos teneurs de compte car ces derniers à la différence de vos banques, de vos assureurs et des conseillers en investissement financiers (CIF) ne sont pas soumis aux législations sur le devoir de conseil et la connaissance des clients.

Sauf  si l’entreprise vous offre les services d’un CIF ! Pour compenser, les teneurs de compte ont développé l’information financière et les suggestions d’allocations d’actifs par profil sur leur site.

Anticipez ses besoins d’argent

N’oubliez pas que vos plans ont vocation à respirer et à financer vos projets, achats de logements (un des principaux cas de sortie anticipé des PEE et Perco) ou la retraite. Dans ce cadre, anticiper vos besoins d’argent en cédant vos actions progressivement.

Quitte à placer leur produit quelques mois sur un fonds monétaire en attendant la date de sortie. Car n’y a pas dans les PEE ou les Perco de fonds euro garanti à 100% à tout moment comme dans l’assurance vie.

Mais de préférence, retirer l’argent disponible d’un PEE pour le placer sur un livret A, LDD, plutôt que d’arbitrer vers des fonds monétaires dont la valeur s’érode. De même sur le Perco si vous êtes à la retraite.

«Le marché de l’épargne salariale pourrait être beaucoup plus dynamique car beaucoup de sociétés ont diminué les primes d’intéressement, participation et abondement depuis la hausse du forfait social à 20%» souligne Olivier de Fontenay.

Des primes qui ressortent à 4.500 euros par salarié par an dans les grandes entreprises et 2.500 euros en moyenne générale. Encore très inférieures aux dividendes versés aux actionnaires (19 milliards d’euros) souligne ce défenseur du partage du profit.

La carotte fiscale : abandon ou réduction du forfait social prévu dans la loi Pacte (selon les cas) devrait donc étendre et redynamiser cette épargne et vous inciter, heureux bénéficiaires, à réveiller vos plans.

Projet de loi de finances pour l’année 2019 : les principales mesures pour les entreprises

Le projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2019 propose des mesures fiscales pour l’année à venir, soumises au vote du Parlement. Quelles sont les nouveautés ?

Transformation du CICE/CITS en allègement de cotisations sociales

Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et le crédit d’impôt de taxe sur les salaires (CITS) seront remplacés par un allégement de cotisations sociales pérennes. Pour le CICE et le CITS, cela correspondrait à un nouvel allégement de cotisation d’assurance maladie de 6 points pour les rémunérations allant jusqu’à 2,5 SMIC.

Réversibilité de l’impôt sur les sociétés

Pour faciliter le développement des entreprises, le passage de l’impôt sur les sociétés (IS) à l’impôt sur le revenu (IR) sera possible. Cela signifie qu’une entreprise pourra désormais opter pour l’IS sans que cette option ne soit irréversible.

Baisse du taux de l’impôt sur les sociétés harmonisation avec les règles de l’UE

Le PLF 2019 poursuit la réforme de l’impôt sur les sociétés. Le mouvement de baisse progressive de cet impôt sera donc poursuivi en 2019. Son taux sera porté à 28 % pour les premiers 500 000 € de bénéfices, à 31 % au-delà.

Le PLF 2019 prévoit par ailleurs l’aménagement de certaines règles propres à ce régime dans le but de les mettre en conformité avec le droit de l’Union Européenne.

Élargissement du dispositif d’ACCRE

Dès le 1er janvier 2019, une « année blanche » de cotisations sociales sera accordée à tous les créateurs et repreneurs d’entreprises, sous condition de ressources. Cette exonération prendra la forme d’un élargissement du dispositif de l’ACCRE actuellement soumis à des critères spécifiques d’éligibilité.

Protection sociale des travailleurs indépendants

En 2018, le régime social des indépendants (RSI) a été supprimé et réintégré au régime général.

À partir du 1er janvier 2019, les travailleurs indépendants nouvellement enregistrés seront gérés pour leur couverture maladie par les caisses primaires d’assurance maladie (CPAM). Ce transfert de gestion n’a aucune incidence sur le contenu des prestations et sur les cotisations.

Créations d’entreprise : nette dynamique du secteur immobilier

@font-face {
font-family: DoulosSILW;
src: url(DoulosSIL-R.woff);
} L’Insee vient de publier ses chiffres sur les créations d’entreprises en 2017. Le secteur immobilier se démarque.

En 2017, en France, 591 000 entreprises ont été créées, soit 6,7 % de plus qu’en 2016. Les créations d’entreprises atteignent ainsi leur plus haut niveau depuis 2010. Les immatriculations de micro-entrepreneurs augmentent plus (+ 9 %) que les créations d’entreprises individuelles classiques (+ 6 %) et de sociétés (+ 5 %).

Avec une hausse des créations de 14 %, le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques est le premier contributeur à la hausse globale, du fait notamment des activités de conseil sous le régime du micro-entrepreneur ; il devient ainsi le plus important en nombre de créations d’entreprises, devant le commerce.

Les activités immobilières (hors BTP) pèsent 3,8% de l’ensemble des créations d’entreprise (6,4% pour les créations de sociétés) ; les activités financières et d’assurance représentent 2,8% de l’ensemble des créations d’entreprise (6,8% pour les créations de sociétés).

En termes de dynamique, les activités immobilières ont suscité une très forte progression des créations d’entreprise (+18,1% contre 6,7% pour la tendance générale, et +13% pour les créations de sociétés contre +4,8% pour la tendance générale) ; les activités financières/d’assurance affichent une progression modérée de +4,6%.Tous types d’entreprises confondus, les créations s’accroissent dans la quasi-totalité des régions, mais la dynamique est largement la plus forte sur l’Ile-de-France (+10%), suivie de  Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine (+8% toutes les deux).

Remarquons sur le typologie des sociétés créées que les SARL qui représentaient 66% des créations en 2013 sont devenues très minoritaires avec 36% en 2017 alors que les SAS – surtout à associé unique (37%) – représentent 61% en 2017. Les sociétés anonymes sont marginales (3%).

Lire aussi : Impôt sur les revenus : comment va se dérouler l’année de passage vers le prélèvement à la source

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén